NOTES sur

Le thème du "voyage dans l'espace"
au cinéma et dans la bande dessinée





1 - Les Danois avaient déjà produit un film de science-fiction en 1916, Verdens undergang. En 1917, c'est Himmelskibet et ensuite... plus rien jusqu'en 1969, année où sort Maenden der Taenkte Ting de Jens Ravn ! Malgré l'importance de Himmelskibet, on ne peut pas vraiment dire que la S.F. soit une spécialité locale.




2 - Mandrake, Lothar et Narda (la future "éternelle fiancée" du magicien, qu'il n'a pas encore rencontrée lors de son voyage dans la lune) effectueront d'autres excursions dans l'espace, mais beaucoup plus tard. En 1951, le trio sera même enlevé par des Vénusiens ressemblant à des artichauts... Tant qu'elle a été dessinée par Phi Davis, Mandrake, surtout dans sa version dominicale, était une bande où tout pouvait arriver, et où tout arrivait, effectivement. Malheureusement, Harold Fredericks, le successeur de Davis, s'est révélé incapable de poursuivre dans la même veine et, bien qu'il ait tâté à diverses reprises du "space opera", sous son crayon, cette série authentiquement magique a perdu tout son charme.




3 - Lequel, si l'on en croit Pierre Couperie (Cf. "Phénix" n 12, p.95), se serait appelé Curt Caesar... et peut-être même Kurt Kaiser et aurait été un dessinateur allemand.




4 - Il convient toutefois de mentionner une curiosité (encore une, mais l'histoire de la S.F. en est pleine !) parce que française, datant de 1941 et faisant intervenir le paradoxe de Langevin. C'est Croisières sidérales d'André Zwoboda, avec Madeleine Sologne et Jean Marchat. Un jeune couple veut effectuer un voyage interplanétaire. Ça ne marche pas. Les jeunes gens sont contraints de regagner la terre après quinze jours passés dans l'espace mais le monde, entretemps, a vieilli de vingt cinq ans. L'intention est louable. Le résultat est lamentable.




5 - Lire, à propos de cette bande et, surtout, du magazine Le Téméraire, l'excellent ouvrage de Pascal Ory, Le petit nazi illustré, éditions Albatros, Paris, 1979.




6 - Kline (pseudonyme de Roger Chevalier) est également l'auteur de Stany Beule dans la lune, paraissant dans Fillettes, un récit d'aventure et d'exploration qui entraîne le lecteur à la surface et dans les profondeurs de la lune où une guerre fait rage entre des robots et une civilisation de "Lunaires". Les premières planches donnent l'illusion que l'on aura affaire à un récit plus "rigoureux" sur le plan scientifique que les autres bandes paraissant à la même époque... mais c'est une impression vite dissipée dès que les personnages mettent le pied sur notre satellite.




7 - Les héros de Stany Beule dans la lune, du même auteur, effectuent une rencontre similaire alors qu'ils viennent à peine de s'arracher à l'attraction de la Terre pour se rendre sur notre satellite.




8 - Cette mésentente remonte loin dans le passé et son origine se situe peut-être au Moyen Age où, comme le remarque Jacques Le Goff dans son livre consacré à L'imaginaire médiéval (Gallimard, 1985), "le merveilleux (...) a été en définitive une forme de résistance à l'idéologie officielle du christianisme".




9 - Elle le trouvera en 1957 grâce à ce même Terence Fisher et à son film Curse of Frankenstein.




10 - Lire à ce propos l'étonnant Them or us de Patrick Luciano qui se présente comme une analyse jungienne des thèmes contenus dans ces films (Indiana University Press, 1987).




11 - Dans la version française, il est question de "décade". C'est le genre de contresens que commettent souvent certains traducteurs. Mais les spectateurs auront rectifié d'eux-même...




12 - Rappelons que l'histoire de la bande dessinée américaine s'articule autour de deux types de supports, les quotidiens (et leurs suppléments dominicaux) et les comic books. Les séries paraissant dans les quotidiens s'adressent à toute la famille, y compris les adultes, et aspirent de ce fait à une certaine "maturité". Les comic books, en revanche, surtout avant les années 70, visent essentiellement un public d'enfants et d'adolescents. A cela viennent s'ajouter des facteurs narratifs et esthétiques liés au format de chacun de ces supports. Comic books et bandes quotidiennent (et dominicales) constituent par conséquent des produits entièrement différents... même s'il leur arrive de s'intéresser, parfois, aux mêmes personnages.




13 - Doublement troubles dans la France gaulliste et gaullienne de l'époque puisque mélangeant liberté sexuelle, attitude relevant de moeurs "adultes" perverties, et bande dessinée, médium privilégié des histoires réservées aux enfants, autrement dit aux "innocents".




14 - "Le pouvoir, qui ne peut tolérer le vide, n'a jamais pardonné aux territoires d'ultraciel d'être des terrains vagues livrés à l'imagination." Eduardo Rothe : La conquête de l'espace dans le temps du pouvoir, texte paru dans ne n.12 de L'internationale situationniste, septembre 1969.




15 - On mesure mal aujourd'hui ce qu'était le désert science-fictionnel français à la télévision dans les années 60. Après l'échec du Navire étoile en 1962, il a fallu attendre 1964-1965 pour que soient diffusés treize épisodes de la série de Rod Serling The Twilight Zone sous le titre La quatrième dimension. Nouvel échec. Cette fois il ne se passe plus rien jusqu'en 1966-1967 où nos bien peu étranges lucarnes acceuillent une série télévisée allemande intitulée Commando spatial. Réalisé par Michael Braun et Theo Mezger, ce feuilleton adapté en France par René Barjavel est d'une affligeante médiocrité. Cependant, il semble réussir là où ses prédécesseurs avaient échoué, Ensuite, la S.F. fera de l'entrisme grâce à Chapeau melon et bottes de cuir et à Outer Limits (Au delà du réel) avant d'envahir toutes les chaînes à coups de séries américaines, britaniques ou japonaises... Mais entretemps, la "conquête de l'espace" aura vécu.




16 - Pour les "trekkies" polyglotes, voici le texte original d'ouverture : "Space, the final frontier. These are the voyages of the starship Enterprise. Its five-year mission : to explore strange new worlds; to seek out life and new civilizations; to boldly go where no man has gone before."




17 - Ce film a été distribué en Belgique sous le titre L'étoile du silence et est tiré d'un roman de Stanislas Lem paru en France au Rayon Fantastique sous le titre Feu Vénus.




18 - Non sorti en France mais adapté à deux reprises sous forme de roman photo dans le magazine Star Ciné Cosmos sous le titre de La planète des tempêtes (n 33, décembre 1962), puis sous celui de Les sept voyageurs de l'espace (n 85, février 1965).




19 - Astronef d'Or au Festival de Trieste 1963, ex-æquo avec La Jetée de Chris Marker.




20 - Numéro ayant pour thème, le détail a son importance : "L'art sans artiste ?"




21 - Luc Orient et Yoko Tsuno sont des personnages de bandes dessinées "pour la jeunesse". Il est intéressant de remarquer qu'il ne s'agit pas de "héros de l'espace" et qu'ils doivent leur envol pour d'autres mondes à l'intervention d'extra-terrestres. Vers la fin des années 60, et le début des années 70, il est devenu inconcevable qu'un savant mette au point à lui tout seul un ``engin interplanétaire''. Ne voyagent dans l'espace, par conséquent, que des personnages évoluant dans un futur lointain (et l'on aime pas trop ça dans les hebdos pour jeunes) ou des contemporains embarqués par des représentants de civilisations ``beaucoup plus avancées que la notre'', ce qui est le cas ici.




22 - J'ai lu quelque part qu'un tel concept ne pouvait être rattaché à aucune théorie physique sérieuse. C'est l'avis, entre autre, de Roberta Rogow, auteur de Futurspeak : a fan's guide to the language of science fiction (Parangon House, New-York, 1991) qui, à l'article Hyperespace de son livre, écrit : ``Un concept que les scientifique n'ont pas encore admis mais qui est l'une des pierres de touche de la S.F. depuis que John W. Campbell y a recouru dans La machine suprême en 1934. (...) La science prétend que cela n'existe pas mais les écrivains n'en continuent pas moins de l'utiliser.'' Cette opinion est toutefois contredite pas Michio Kaku qui enseigne la physique théorique à la City University of New York et est l'auteur d'un livre intintulé... Hyperspace (Anchor Books, Doubleday, New York, 1994) dans lequel il écrit : ``Ce sujet est si récent qu'il n'existe pas encore de terme universellement admis par les théoriciens de la physique lorsqu'ils se réfèrent aux théories pluri-dimentionnelles. D'un point de vue technique, lorsque les physiciens en parlent, ils se réfèrent à une théorie spécifique telle que la théorie Kaluza-Klein, la supergravité ou les supercordes, bien que l'hyperespace soit un terme populaire pour parler de dimensions supérieures et qu'hyper soit le préfixe scientifique qui convient pour décrire des objets géométriques pluri-dimentionnels. (Dans ce livre), j'ai choisi le langage populaire en décidant d'employer le mot hyperespace pour parler des autres dimensions.''




23 - Ce phénomène est d'autant moins étonnant qu'il existe aux Etats Unis une vieille tradition d'adaptation d' uvres littéraires (et cinématographiques) en bandes dessinées. Témoin les "Classic Comics" devenus, plus tard, les "Classics illustrated", publiés à partir de 1941 par la "Gilberton Publishing Company". H.G. Wells et Jules Verne figurent au catalogue.




24 - A vrai dire, dans ce cas précis, il s'agit plutôt de photos retouchées.




25 - Une remarque en passant quant aux implications culturelles de certaines traductions. En américain, c'est "star" (étoile) qui est au singulier et "wars" (guerres) qui est au pluriel. En d'autres termes, la traduction littérale du titre du film de Lucas est ``Les guerres de l'étoile'' et constitue, de ce fait, une allusion directe à l'``'Etoile de la Mort'' ou ``Étoile noire'' qui est à la fois objet et sujet du film. Les adaptateurs français ont dû juger la référence trop pointue et on préféré un titre plus général et moins référentiel. En fait, ``La guerre des étoiles'' est un titre impersonnel et ``grand public'' correspondant à l'image que les distributeurs européens de ce film devaient se faire de ses spectateurs. Intéressant et à fouiller, ce que je ne ferai pas ici.




26 - Idée développée avec un certain brio dans une bande dessinée publiée entre 1952 et 1963 aux Etats Unis, Twin Earths, d'Oskar Lebeck (scénario) & Alden Mc Williams (dessins). Si Lebeck n'avait pas profité de cette série pour y étaler un anticommunisme à faire passer McCarthy pour un militant d'ultra-gauche, on pourrait la considérer comme l'une des grandes réussites de la B.D. de S.F. made in U.S.A.




27 - Je sais parfaitement que cette présentation du traitement du thème du voyage spatial dans le cinéma des pays de l'Est des années 70 ne s'applique pas au film de Tarkovsky mais le message métaphysique de Solaris m'enn




28 - Ce qui est vrai pour le cinéma l'est encore plus pour la télévision, à une spectaculaire exception près, Space 1999, une série britannique créée par Berry et Sylvia Anderson en 1975. L'action se




29 - Le cinéma américain : 1971-1983, Editions L'Age d'homme, février 1985.




30 - Détail réjouissant... la plupart des effets visuels et optiques de Star Wars n'auraient pu être réalisés sans l'avancée technologique née des prouesses accomplies pour la réussite du programme Apo




31 - Ces remarques ne concernent, bien sûr, que le cinéma anglo-saxon. Les Soviétiques, de leur côté, poursuivent leur bonhomme de chemin comme si de rien n'était. En 1981, Tcherez terny k zviodzam (A travers les ron




32 - Storm, de Don Lawrence, qui paraît chez Jacques Glénat à partir de 1980 pourrait faire figure d'exception si l'exploration de l'espace, traitée de façon hyperréaliste, n'y était qu'un moyen pour amener l




33 - Année où a été produit un space opera d'excellente tenue sur fond d'extra-terrestres et de navette spatiale, Moontrap de Robert Dyke.




34 - En France, Star Trek, the next generation attend le bon vouloir de la Cinq pour être diffusé. Question : les malheurs de cette chaîne auront-ils un effet bénéfique ou maléfique sur le sort de la série ? E




35 - Pub (gratuite) : le meilleur de la BD américaine contemporaine se trouve en France dans U.S.A. Magazine, publié chez Glenat. A lire cet excellent mensuel, on s'aperçoit que l'aventure spatiale suscite encore d'extravagantes variat