L'année du certif

PRIX CHARLES EXBRAYAT 1995


de Michel Jeury


Le livre

L'année du certif est paru aux éditions Robert Laffont, en 1995.

L'année du certif a obtenu le 21 Octobre 1995, a l'occasion de la 10ème Fête du Livre de Saint-Etienne le prix Charles Exbrayat, qui couronne chaque année en octobre un roman, un ouvrage ou une oeuvre de la veine d'Exbrayat.

La quatrième de couverture

Les Cévennes, dans la France des années trente. C'est la grande époque du certificat d'études. Les écoles, les villages même s'affrontent, par l'intermédiaire de leurs champions, pour le prix cantonal. Chaque instituteur se doit d'avoir au moins une fois dans sa carrière le premier prix du canton...

Dès l'été, commence l'année terrible. Paul Fontanes, l'instituteur de Saint-André-la-Vallée prépare son fils aîné, Antoine ; Mlle Rachel, de Saint-Pierre-du-Mont, lance dans la bataille la tendre et folle Pascaline.

Pendant que les jeunes candidats connaissent leurs premiers émois amoureux et se passionnent pour les romances à deux sous, les espoirs et désespoirs des instituteurs viennent fausser la règle du jeu. Alors, entre adultes et enfants, se noue un drame qui ne connaîtra son épilogue que douze ans plus tard...

Un roman vivant et chaleureux comme la mémoire collective.

« Écrivain de métier, paysan de coeur », comme il se présente lui-même, Michel Jeury partage son inspiration entre le Périgord, qu'il a quitté en 1987, et les Cévennes, où il s'est installé depuis. Le terroir demeure pour lui une riche source d'inspiration, qui lui a notamment valu le prix Terre de France/La Vie en 1988, pour Le Vrai Goût de la vie.

L'édition

L'édition dont je dispose indique :

© 1995, Éditions Robert Laffont
Dépôt légal février 1995
ISBN 2-221-08001-7

La couverture

Pas d'indication d'artiste pour la couverture.

Ce qu'ils en disent

Ah ! ce diable de certificat d'études... en aura-t-il fait couler de l'encre, des larmes, des perles de sueur enfantine et « institutoriale »... Et qu'il était rude, droit, exaltant le métier d'instituteurs... alors lorsqu'il se doublait d'une responsabilité paternelle... lorsqu'il fallait défendre l'honneur familial, l'Année du certif devenait épopée... où les robinets remplissaient des bassins trop grands, ou pas assez, percés ou non, où le sous-préfet préférait les violettes au champ aux discours républicains, où les « r » d'ébouriffés s'envolaient... sur fond d'élection municipale fortement teintées de socialisme sous un cabinet de large entente républicaine... celui de Fernand Bouisson.

Mais pour l'enfant, le néophyte, le bambin encore qui découvre le monde à travers les livres de Jules Vernes et le vert paradis des amous enfantines sous l'envol de la jupe de Pascaline, quelle croix, quel chemin de Damas, quel calvaire que l'Année du certif.

Rythmée par les conjugaisons ânonnées, par les tables de multiplication qui piègent la mémoire, par les dictées qui piègent le bon sens, par les rédactions qui piègent l'imagination, l'année se déroule entre la salle de classe où ronfle le poêle en hiver et la campagne cévenole parcourue en rétro-pédalage sur une Hirondelle achetée à la Manufacture de Saint-Etienne, ou par les premières automobiles, si rares !

Qu'elles sont loin ces années trente, si solidement ancrées dans ces Cévennes de la glèbe, du labeur, de l'école publique - mixte ou non-. Qu'elles nous paraissent désuètes avec cette seule préoccupation du certificat d'étude en fin d'année, qu'elles nous paraissent aussi « faciles », simples, républicaines parce qu'attachées farouchement à certaines valeurs qui n'ont plus cours de nos jours... Qu'elles nous paraissent « idéales » aussi. Alors, en arriverait-on à les envier ? Peut-être pas... mais nos années si proches de l'an 2000 ont-elles cette saveur du terroir ? Ont-elles cet humour ? Ont-elles cette foi en des temps nouveaux, en des avenirs radieux qui chantent ?

Il ne me semble pas. Et L'année du certif nous « attache » le coeur et l'âme avec cette nostalgie de naguère si poétique, si fraîche. L'on a souvent le sourire au lèvres ou au coin des yeux au fil des pages et ce bonheur de lecture ne se boude pas. Merci Michel Jeury.

-- Martine Font - Le Journal de la Fête du Livre